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Texte Libre


Vendredi 6 juin 2008
Pour Papier Libre
Juliette nous propose de nous exprimer sur ce tableau de Fantin Latour

Fantin-Latour

 

-       Ce fut une belle cérémonie, vraiment ...

-       Tu as vu le cerisier du père Amchin, il croulait sous les fruits... Et tous ces merles dedans, on eut dit des corbeaux !

-       Il était si étrange ce texte : Ne reste pas à te lamenter devant ma tombe, je n'y suis pas, je ne suis pas mort. 

-       Je n'ai même pas vu fleurir les cerisiers cette année !

-       Le crois-tu toi, qu'il n'est pas mort ?

-       Je ne veux pas que tu te maries avec ce Monsieur D'Argeville !

-       Je n'y suis pas, je ne dors pas...

-      Je sais qu'ils avaient tout préparé. Je les ai entendus ! Il est venu se coller contre moi au cimetière ! Je le trouve répugnant ! 

-       La chatte de Mme Granier a eu des petits. Il y en a un tout roux avec des yeux verts ! Nous pourrions en adopter un ? J'ai toujours rêvé d'avoir un chat !

-       Je ne veux pas, tu m'entends, je ne veux pas !

-       Nous allons avoir de l'orage ce soir, les hirondelles sont devenues folles !

-      Je me demande comment tu as pu pendant toutes ces années ? Comment as-tu pu supporter, accepter cela ?

-     Et si nous allions à la mer le mois prochain ? Tante Angeline nous a si souvent invitées ! Nous pourrions acheter un cheval, nettoyer la calèche et demander à Firmin de nous conduire ? La campagne est si belle à cette saison !

-       C'est moi qui l'ai tué ... Je ne voulais plus tu comprends, je ne pouvais plus... Il était là, devant cette fenêtre, à moitié ivre, comme toujours... C'est pratique l'alcool, ça vous excuse tout ! ça vous donne des droits ! Et moi, j'avais si peur... Mon cœur cognait si fort... La peur, parfois, ça vous donne un courage terrible... Toutes ces peurs accumulées... ça m'a donné une telle force... Et ce fut un tel soulagement quand je l'ai vu en bas, son corps tout disloqué, comme une marionnette ! Une telle joie ! Je le hais tellement... Il ne fera plus jamais de mal à personne maintenant et je te dis moi, qu'il est bien dans son trou, qu'il n'est ni la douce pluie d'automne, ni la lumière du soleil, ni la douce étoile qui brille la nuit... Ce curé est un âne que je ne veux plus voir ici ! Je suis certaine qu'il savait lui aussi ! Si nous devons le revoir un jour, ce sera en enfer !

-       Je crois qu'une tisane nous fera le plus grand bien...


Azalaïs


par Azalaïs publié dans : Peinture et écriture
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Mardi 3 juin 2008
Je dépoussière


Flandrin--Hippolyte--1805-1864----Jeune-homme-nu-assis--1855---Louvre.jpg                                                                                                                       Hyppolyte  Flandrin


Ecoute ...  Tu le vois  ce silence  là  bas ,  derrière  les mouettes  ...
Ce bleu ...  ce vert ...  et cet ocre de chair ...
Ocre de chair , oui , c'est pour peindre la mer !

Mélange l'indigo à ton ocre de chair ! Ajoute un peu de blanc et tu auras des  gris, des bleus , des verts , du mauve et même du violet ... les arbres , les forêts , une bouche de femme , un ruisseau qui s'endort , un homme nu , sur le bord d'un rocher, ses noirs cheveux bouclés posés sur  ses genoux ...

Ocre de chair, ocre de chair !
Chair de l'homme là , tout au bord de la mer ,
avec les langues de la mer  qui lui lèchent les pieds .
              
                                                           Azalaïs
par Azalaïs publié dans : Peinture et écriture
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Vendredi 18 avril 2008
    Chose promise, chose due, avant de partir pour l'île de Ré, il faut que je vous donne des nouvelles de mon arbre! D'abord, sachez que c'est un châtaignier! Ce n'est pas mon arbre préféré, mais je ne sais pas pourquoi, celui là m'interpellait chaque fois que je passais devant lui en voiture! Il est seul, dans un pré en bordure de route et à l'arrière plan, je l'ai appris beaucoup plus tard, on aperçoit la ferme où est née mon arrière grand-mère!
   

    Il a sans doute beaucoup vécu, beaucoup souffert aussi et on ne peut pas dire qu'il soit particulièrement beau. Mais, malgré tout, il continue à tourner ses branches vers le soleil, tranquille dans son coin, sans se soucier de la fureur du monde! Il ne sait même pas que quelque part, quelqu'un est en train de  faire son portrait! Et quand je le vois, comme ça, agiter son étrange chevelure, je me demande s'il ne va pas quitter son pré pour venir me raconter des histoires!
    Hou là! Prudence ma fille, ne serais-tu pas en train de t'enquichottiner toi?

Il me reste encore beaucoup de choses à faire: sa trogne( la grosse boule qui lui sert de tête), des branches et un bout de l'écorce. Par chance, j'ai décidé que c'est la fin de l'automne et il n'y aura presque pas de feuilles!

Voilà, pour voir les progrès vous pouvez aller
par Azalaïs publié dans : Peinture et écriture
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Lundi 31 mars 2008

 
Al Maury: Hommage à Dali


Laissez-moi respirer

Le silence des fleurs

Avec juste le ciel

Comme unique prière.


Laissez-moi m'étonner

De ces oiseaux de vent

Qui filent sur la vague

Sans se briser les ailes.


Laissez-moi me glisser

Dans l'étrave du temps

Et tracer mon chemin

A l'orée des rivières.


Laissez-moi caresser

Le sable, les galets

Et des algues oubliées

L'humide chevelure.


Laissez-moi déverser

Les larmes de la mer

Dans les yeux des rochers

Où dorment les chimères.

Azalaïs


Allez chez Al, il y a d'autres poèmes

par Azalaïs publié dans : Peinture et écriture
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Mardi 25 mars 2008
Pour Papier Libre, Juliette nous propose de nous exprimer sur cette toile  de Peter Howson

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Voyez nos pieds

Voyez nos mains 

Nous sommes encore là

Mais nous n’exigeons rien

Nous sommes encore là

Presque plus des humains 

Ce que nos yeux ont vu

Ne porte pas de nom 

Ce que nos yeux ont vu

Ne se met pas en mots 

Ecrivez donc pour nous

Qui sommes quelque part

En lisière du temps

Dans l’indicible ailleurs

Des horreurs renaissantes

Qui viendra réchauffer

La pierre de nos cœurs

Ne reste plus que l’impossible

 

Azalaïs 

Si vous avez le temps, allez faire un tour à Papier Libre il y a d'autres textes vraiment très poignants
par Azalaïs publié dans : Peinture et écriture
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Lundi 24 mars 2008
Pour La Petite Fabrique d'Ecriture dont le thème de cette quinzaine est
La Perte


PAYSAGE.JPGFleurantin: Paysage


J'ai perdu le chemin qui mène à la rivière,

La fraîcheur du sous bois tapissé de bruyères,

Le schiste qui s'endort dans les bras des fougères.


J'ai perdu le chant clair des sources bourgeonnantes,

De la fière asphodèle, les hampes flamboyantes,

L'odeur fraîche des prés ivres de sauterelles,

Les clairières oubliées que bercent les ombelles.


Chemins de mon enfance, je pourrais dire ici

Toutes vos voix secrètes, nommer tous les oiseaux

Dire tous les buissons, la patience de l'herbe

Et des fleurs et des fruits que mènent les saisons,

Les fils de l'araignée dans la rosée de l'aube,

Le poudroiement des saules un matin de printemps,

L'écorce des grands pins caressée par la mousse....

Je vous recherche en vain comme une pèlerine

Qui chemine sans fin sur les traces du temps.


Azalaïs


Fleurantin: Ecailles
 

Un grand merci à Fleurantin pour m'avoir prêté ces images qui m'ont fortement inspirée. Chacun de ses tableaux est une invitation à une promenade poétique sans fin. J'y vais souvent et chaque fois, je découvre quelque chose de nouveau !

 

par Azalaïs publié dans : Peinture et écriture
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Samedi 8 mars 2008

Pour Nymphéa , mais je n'ai pas bien lu sa consigne! Mauvaise élève j'ai été, mauvaise élève je reste! Tant pis, je publie quand même mon texte !

http://www.forum-auto.com/uploads/200510/couplus_1129835011_folon.jpg
Folon
 


L’était un chevalier
Qui cheminait errant.
Il fuyait la croisade
Une épée dans le flanc.
Glissa près d’un rocher,
Se vida de son sang.
Il vit le soir tomber
Dans le soleil couchant,
Il vit l’oiseau chanter
Dans l’arbre frémissant.

D'où viens-tu chevalier

Si seul et désarmé ?
Conte- moi tes hauts-faits
Afin que pour ta mort
Je compose un motet
Ou un confiteor !
 
Je vais mourir l’oiseau,
Au diable tes prières !
Ne suis pas un héros
Et pour ce que j’ai fait,
Je mérite l’enfer !
Sur des terres lointaines,
J’ai occis l’infidèle
Des femmes, des enfants
En maintes citadelles !
Sais-tu pourquoi les Dieux
S’abreuvent au carnage
De tous ces innocents ?
Le ciel serait pavé
De bonnes intentions,
Mais je crois qu’il se plaît
A semer l’affliction !

Je vais crever l’oiseau 
Et si tu veux prier,
Prie pour ces malheureux
De tous lieux,
De tous âges,
En qui germe la haine
Pour mériter les cieux !

Azalaïs
par Azalaïs publié dans : Peinture et écriture
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Vendredi 29 février 2008
Pour Nymphéa et son école du " Ver lisant  "


Il s'agit d'écrire sur le tableau de Chagall en incluant dans son texte les mots Casse, Pauvre et la syllabe Con

  Chagall
 





















Pourquoi fuis-tu mignonne

  Puisque mon cœur est tien ?

Mon ange, ma madone

Mon beau songe italien.

Ma douce, mon aimée,

Ma tendre sauvageonne...

Mon amour m’aiguillonne

Ma pauvre âme bouillonne

Et pour toi je suis prêt

A danser la chaconne,

Le smurf et le tango,

Dussè-je pour te plaire,

Devenir un bobo,

Racaille ou prolétaire !

Je vendrai mes Rolex,

Mes jeans, ma limousine.

Je renverrai mon ex

Comme une gourgandine.

Je mettrai à la casse

Mon yacht tant adoré !

Je virerai ma cour,

Promis, plus de discours,

Pour qu’enfin tu me fasses,

L’aumône d’un baiser !


Azalaïs


par Azalaïs publié dans : Peinture et écriture
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Jeudi 14 février 2008
Pour Papier Libre, Juliette nous propose le thème de l'iris


iris-de-monet.jpgMonet: Champ d'iris à Giverny

Champ d'iris au matin,

Mes jaunes sauvageonnes

Dans la prairie humide.


Au jardin de Monet,
Une barque s’épuise
                                                        A ignorer l’absence.


A ses pieds amarrées,
De longues flammes vertes

Brodent un songe mouvant.
 

Baignées par les nuées,
Quelques fleurs sont offertes,
Leurs ailes défroissées.

 
Dans un élan charnel
Se prépare une danse,
  Un échange troublé

   Entre le ciel et l’eau.

Azalaïs


 
par Azalaïs publié dans : Peinture et écriture
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Mardi 12 février 2008

Anges-de-la-cr-ation.JPGSir Edward Burne-Jones : Les anges de la création


La bulle des origines
A rompu les amarres.
Voici le flot, voici la vague,

Voici le fleuve et l’océan.


Un tourbillon d’oiseaux
A fleuri sur la mer.

Au loin flotte un soleil
Répandu, immobile.

Attente…


Ouvrir les portes du sommeil
Dans le jour qui se lève,

Chercher les mots,

Trouver la source,

Habiller le silence.

 
 

Azalaïs
par Azalaïs publié dans : Peinture et écriture
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