Une fois n’est pas coutume, j’avais envie de vous parler d’un artiste méconnu du grand public Dom Robert.
Deux expositions jusqu’à la fin de l’année pour fêter le centenaire de sa naissance : une à Sorèze dans le Tarn où je suis allée dimanche, qui présente une vingtaine de tapisseries et
une à Aubusson, où sont exposées une trentaine de pièces.
« C’est à l’enfant qui sommeille en nous que s’adressent ces œuvres fraîches et naïves. Elles parlent à notre cœur. » dit de lui Jean Marie Pelt que les
auditeurs de France Inter connaissent bien. En effet, les tapisseries de Dom Robert, peuplées de fleurs, d’oiseaux, d’herbes des champs ou des forêts, de chèvres, de chevaux, de canards, de
poules et de coqs, de pintades, de paons et de volailles bigarrées ne peuvent émouvoir que ceux qui savent encore s’émerveiller devant la fragilité d'une ombelle, la rondeur d’un nuage, la
perle de rosée sur une feuille d’alchémille, le plumage d'un oiseau ...
Les enfants de Lumière
Je ne vais pas vous raconter la vie de Dom Robert. Pour ceux qui sont intéressés par sa vie et qui voudront se promener dans son joyeux univers vous pourrez
le faire ici . Pour ceux qui n’en ont pas le temps, je peux juste vous dire que toute son œuvre découle de 3 rencontres.
1-Guy de Chaunac, adolescent rebelle suit bon gré mal gré des cours de dessin aux Arts déco qu’il sèche la plupart du temps. Après son service militaire, il se trouve très désœuvré. Un
jour, il suit un ami à En Calcat, une abbaye près de Dourgne dans le Tarn. Au moment de repartir pour Paris, il dit : « Je reste. » Il devient Dom Robert en 1937.
2-En 1940, alors qu’il se promenait à la campagne, près d’une vaste propriété, il entend de l’autre côté d’un haut mur, le cri d’un paon. Il fait le tour de la propriété. Il dit de cette
rencontre : « On ouvre la grille, on entre et on se trouve dans un jardin : alors là, une fontaine, un paon, des coqs, des poules, des canards, c’était ravissant ! Là,
cela a été quelque chose de foudroyant et je crois que j’ai soudainement acquis un style. Oui, un style. J’ignorais complètement ce que cela deviendrait, mais c’est sorti, je me suis mis à
dessiner, à dessiner, sans arrêt. »
3-Un jour de 1941 Lurçat passe à En Calcat. Il venait de Limoges à bicyclette ! Quand il voit les aquarelles de Dom Robert, il déclare : « Mais c’est de la
tapisserie ! » A partir de ce moment là, il sait dans quelle direction aller et dès sa première exposition à Toulouse, il est reconnu.
Toute sa vie, il restera fidèle à la nature et la seule école qu’il aime,
c’est l’école buissonnière !
Les incroyables
Dom Robert se moque ici des réunions mondaines où chacun joue des coudes ou des plumes pour se faire admirer. N'est-ce pas un peu ainsi parfois sur
over-blog?
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