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Mes textes sont protégés



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"Nous n'aurions plus rien d'humain
si le langage en nous
était en entier servile."

Georges Bataille



"Es sus la talvera qu'es la libertat"
C'est en bordure du champ
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Jean Boudou



"La vérité ne se tient pas ici ou là,
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Il faut se contenter de ce doute
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Jeux d'écritures

Lundi 12 octobre 2009 1 12 10 2009 08:09

Je réédite ce texte, un jeu d’écriture proposé par l’équipe de choc sur une idée de Captainlili : écrire une lettre de plainte au syndicat des Héros Littéraires pour le rôle que les auteurs leur font tenir !

Deux ans déjà!!!

         


Monsieur,   



    Au seuil de mon éternelle jeunesse, je voudrais me libérer d’un poids, vous faire part enfin de l’enfer que me font vivre sans se lasser deux auteurs esclavagistes et sans scrupules ! Oui, je vis le martyre avec de jour en jour, une suite d’épreuves à surmonter toujours plus difficiles les unes que les autres ! Vous n’imaginez pas tout ce que je dois endurer sans me plaindre, toujours mignonne et bien coiffée, toujours jolie, toujours polie, toujours ravie de tout ce que ces gens là me contraignent à faire ! Un vrai chemin de croix !

           
     Il a fallu d’abord que j’apprenne à lire ( ba, be, bi, bo, bu), à compter (2+2=4), à chanter (et ron et ron, petit patapon), à tricoter pour ma poupée, à mettre les points sur les i ! Quand je suis seule à la maison, je dois faire le ménage, cirer les chaussures, faire la vaisselle, passer commande au laitier, laver le linge, l’étendre, le rentrer, faire un gâteau, mettre la table, enlever le feuillet du calendrier …

           
    Même si je vais au parc, je dois en profiter pour m’instruire : retenir que le jardinier jardine, que le peintre peint, que le gazon gazonne, que le marronnier donne des marrons et le rosier des roses ! Il me faut en outre vaincre le mal de mer, marcher sur un fil, dresser des lions et des tigres, apprendre l’alphabet à un ours, faire risette aux éléphants, monter sur un chameau, parler aux girafes !

           
    Je dois aussi faire carrière, devenir petit rat de l’Opéra,  excellente cavalière et gagner des concours ! Mais il me faut en même temps m’occuper de mon petit frère, porter des brouettes de paille, sauver les moineaux, embellir mon jardin, aller à la ferme, en voyage, à la foire, faire du camping, aller à la montagne, faire les courses . ..

           
    Une fois, une seule, je n’ai pas été sage ! Je suis allée dans la neige sans mettre de manteau ! J’ai été bien punie puisque j’ai été MALADE ! Je peux bien vous le dire mais surtout ne le répétez pas : je l’ai fait exprès juste pour me reposer un peu, écouter les histoires de mon pépé, regarder la télé avec mon papa et rêver enfin à mon amour de toujours , un bonhomme de neige avec qui je pourrais aller au bal !

      
    Ah, j’oubliais, je dois aussi apprendre à mon chat à parler aux souris ou l’inverse, c’est selon ! Vous ne me croyez pas ? Pourtant Martine ne ment pas !

    

               Martine


            Le-chat-et-le-mulot.JPG                                                                                              

Ma mounette partie depuis au paradis des chats


J'y ajoute cette "vidéo", une chanson que j'ai entendue samedi sur France inter. Je suis étonnée que Martine ne soit pas encore partie en guerre contre la grippe!! Mais elle est tellement occupée! Par chance en "hauts lieux", on veille, on veille!!

 


 

 

 

Par Azalaïs - Publié dans : Jeux d'écritures
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Lundi 21 septembre 2009 1 21 09 2009 19:02

 

 Machaon sur valériane

 


Cette urgence de vivre à la fin de l’été ! Vouloir soudain tout voir, tout cueillir, tout garder dans ses bras, dans ses yeux, comme s’il s’agissait de son dernier été. Cette soif, cette humeur désirante, cette presse aliénante qui nous prend tout entier dans un grand désespoir qui chavire le cœur. Sentiment d’éphémère, petit éclat de vie qui se casse et qui git, sur le chemin des hirondelles.


Et nous voilà tout emplis d’inquiétude au chevet de ce grand corps malade. On cherche les prémices de la mort annoncée dans les grands arbres fiers qui retiennent leurs feuilles, le bruit sec, sans appel des marrons frais tombés, les dernières fougères qui bravent le silence.


Qu’est-elle devenue la jolie vague rousse du petit bois de peupliers et notre herbe d’été qui nous offrait d’un coup une si belle ardeur ? Comme tout était vert et tendre et neuf avec un chant d’éternité à la cime des fleurs !

Quelle est donc cette peur qui nous étreint le cœur dans sa grande tenaille ?


Il faudrait inventer des berceuses pour emplir nos mains vides et des mots de printemps pour apaiser la nuit de nos vieilles âmes grises.


 

Azalaïs

 


 

 

 

Par Azalaïs - Publié dans : Jeux d'écritures
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Jeudi 11 juin 2009 4 11 06 2009 18:48


Pour Marc de Metz

 

 


Si vous souhaitez participer à votre tour

ou aller voir les autres textes

c'est par ici.

 


Il y avait cette goutte au rebord de ses cils. Elle était arrivée sans qu'il sache comment. Un trop plein d'amertume, d'aride solitude ou de désirs perdus. Qui  nous dira jamais comment naissent les larmes !


Elle était là, juchée, hésitant à rouler sur le bord de sa joue. Tout un monde à bercer dans les bras de ses yeux ! Tout un monde à saisir dans le champ de ses toiles !


Le soleil dans sa tête fragmentait ses tableaux comme un terrible paysage. Des nuages en colère  galopaient sans répit sous le ciel étoilé. Le faucheur dans les blés approchait de son lit en  cachant sa faucille et dans le pot de cuivre, les tournesols en feu éclataient leurs pétales.


Oh ! Peindre encore une danse de jaunes avec un ciel de fer et puis clore ce monde en hurlant sa douleur !


Azalaïs


Par Azalaïs - Publié dans : Jeux d'écritures
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Dimanche 7 juin 2009 7 07 06 2009 19:30

Châteaux cathares de Lastours



- Elle était belle, elle était fière, elle était reine en ses pays, de l'Aragon à l'Italie...


- C'est une devinette ?


- Si tu veux, plutôt un texte que j'écris pour La Petite Fabrique d'Ecriture.


- Ça parle de quoi ?


- D'une langue que l'on a assassinée, bâillonnée, emprisonnée à coup de lois, d'interdictions et de massacres pour faire place à sa "sorrastra" : le franciment!


- Comment peut-on assassiner une langue ?


- Mais c'est très simple! Il suffit de lui dire qu'elle est laide et vulgaire et pauvre et misérable alors qu'on pille ses richesses et ses valeurs, ses villes fortes, ses ports de mer, son vin, son sel, ses oliviers...


- Mais elle est vraiment morte ?


- Non, ils n'ont pas réussi parce qu'elle est vaillante et résistante, qu'elle a été de toutes les révoltes : les croquants, les camisards, les vignerons, les paysans sur le Larzac, la lutte des cathares contre le loup Montfort !


- Et toi, comment la connais-tu ?


- Elle est venue à moi, à petits pas, à petits mots que je croyais perdus. Ils étaient là pourtant, blottis comme des graines, attendant le printemps. Ils ont poussé en moi, y plongeant leurs racines pour me parler des miens, ancêtres paysans, mégissiers, tisserands...


Ils sont venus de loin me dire ses merveilles, le chant des troubadours, Guillaume d'Aquitaine, grand père d'Aliénor... Et « Ambe la doçor del temps novèl » ils sont là, bien vivants pour me dire tous les autres : Boudou, Marti et Max Rouquette, Louisa Paulin la douce, Mistral, Cantalausa et Jean Larzac le prêtre rouge...  Ils chantent à mon oreille et je sème à mon tour pour qu'ils fleurissent en vous.


"Vèni véser dançar lo solelh e l'aigueta :

coma sabon s'aimar dins lo matin maienc !

Ont es l'aigueta ? Ont lo solelh primenc ?

Son pus qu'un sol rajòl d'amorosas belugas."


- Tu pourrais traduire quand même!


- C'est le début d'un poème de Louisa Paulin: Danse de mai

 

"Viens voir danser le soleil et l'eau vive:

comme ils savent s'aimer dans le matin de mai!

Où est l'eau vive? Où est le soleil printannier?

Ils ne sont plus qu'une seule coulée

d'amoureuses étincelles"

 

 Et souviens-toi que la défendre n'est pas un signe de régression mais que c'est défendre la diversité culturelle  sans laquelle il n'y a plus de  vie.


Azalaïs

 


 


 



J'ai longuement hésité avant de vous proposer un chant, il y a tellement de groupes différents,mais cet air est notre chant de résistance. Certains le font remonter à l'époque Cathare et il a été le chant de ralliement de toutes les luttes, de toutes les révoltes. Il s'appelle "Lo boièr" (Le bouvier)
Par Azalaïs - Publié dans : Jeux d'écritures
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Vendredi 5 juin 2009 5 05 06 2009 10:07
Pour Le Thème de la semaine ,
 l'excellente communauté de Dana, sur une idée de Nicole.






Dire adieu à la plage, au sable, aux galets. Picorer vivement un dernier coquillage... S'offrir encore un peu à la fraîcheur de l'air... Espérer un miracle de l'heure qui se presse...


L'enfant danse, insouciante, autour de son château. Elle y  plante une plume au sommet du donjon. Qui viendra la cueillir ?


"Encore un peu maman ! Encore un peu d'eau sur mes jambes ! Encore un peu éclabousser le chien ! Encore un peu lui lancer le bâton ! Encore un peu d'écume !  Regarde maman les bulles qui éclatent ! Ça fait un petit arc-en-ciel qui frise dans le soleil !"


Ses pieds s'enfoncent tendrement dans ce tapis mouvant, y laissant un instant l'empreinte de sa course. Joue, petite fille, joue... Joue pour le vent qui porte la mouette, pour l'algue remuée dans le creux  du rocher, pour la bruine perdue à la crête des vagues, pour la couleur du ciel si douce sur les flots...


Joue donc encore un peu, fortifie ton château, oublie encore un peu l'empreinte du réel mais ouvre des fenêtres pour que ces souvenirs reviennent te bercer !


 

Azalaïs







Par Azalaïs - Publié dans : Jeux d'écritures
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Samedi 30 mai 2009 6 30 05 2009 19:02

Tout d'abord un grand merci à Dana et à Lajemy

qui avec leur Thème de la semaine m'ont fait sortir de ma coquille.

Je pouvais difficilement refuser de parler de mon potager puisque depuis un mois, il m'occupe toute entière.

Pourtant il n'est pas grand et quand je vois celui de Vividecateri,

j'en bave d'admiration ! Ne le lui dites pas mais j'y vais parfois la nuit

pour me promener dans ses allées et lui voler l'odeur du thym.


Un grand merci aussi à ceux qui  me restent fidèles

alors que je suis pleine de vide.

 



           Ça vous prend tout d'un coup cette envie de retourner la terre ! Ça dort pendant des mois et puis soudain c'est là, un besoin, une force qui bouscule le sang et traverse le corps. Ça ne peut s'expliquer. Pourtant, le printemps dort encore et tout près du ruisseau, les chênes gardent jalousement leurs vieux tutus de feuilles mortes. La cloche sonne clair dans le froid du ciel dur, mais l'idée suit sa route, le désir, son chemin.


Ce sont des choses qui ne se pensent pas ! C'est comme un rendez-vous avec on ne sait qui, une faim  qui s'éveille et fait battre le cœur.


Oui, ça dort pendant des mois et un beau jour c'est là et me prend toute entière ! Alors, je flaire l'air comme le font les chats. Je me dis : « C'est trop tôt !» mais quelque chose est là qui me dit le contraire, une tendresse infime venue de nulle part, une invite du vent qui s'est fait plus léger, une odeur  oubliée qui soudain ressurgit.


Alors, je sors les bottes et je vais visiter la cabane à outils. La terre est posée là, comme un défi, un tout petit carré dans le fond du jardin que le soleil arrose. Alors, sans réfléchir, je retrouve les gestes inscrits depuis toujours dans le tissu des liens qui unissent les hommes au profond de la terre. C'est comme un rite ancien, une antique prière !


Le pied se pose seul sur le haut de la fourche, le corps s'est préparé à l'effort retrouvé. Dès lors, plus rien ne compte que ce lent tête à tête, le craquement   attendu de la terre qui cède, la tension du jardin qui soudain se dénoue, le petit cri soyeux de la bêche qui me dicte mon rythme, la chaleur de la terre qui fait chanter mon dos.

 

 

Azalaïs

 


Par Azalaïs - Publié dans : Jeux d'écritures
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Mercredi 29 avril 2009 3 29 04 2009 22:37

 

 

  Pour La petite fabrique d'écriture

 

 


            C'est bon, j'suis opé là ! Mais oui,  j'suis dans la place ! Tu m'entends ? Ben non, j'peux pas parler plus fort, t'as qu'à régler tes bitoniaux, c'est pas la foire du trône ici ! Déjà qu'avec ce costard je ressemble à une Versaillaise qui sort de chez Cyrillus ! Oui, c'est sûr que pour planquer à la terrasse de chez Dutilleul, vaut mieux avoir la classe ! Et puis, j'vais te dire, à 15 euros le verre de champ, va falloir le loger rapidos ton gus !


                Oui, je vois bien l'escalier de la cathédrale ! Impossible de le rater ! Dès qu'il se pointe, je lui file le train et je vais mettre un cierge à Saint Antoine, histoire de pas le perdre de vue ! Dis, donc, il est plutôt beau gosse, t'es sur que c'est un détrousseur de bigotes ? Et toi, t'es où ? Où t'as carré ta fourgonnette ?


- Merde !


- Quoi !


- Ton gus !


- Quoi mon gus !


- Il est là !


- Où ça là ?


- Ben là, à la terrasse ! Il s'est assis à une table, pas très loin ! Gloups !


- Quoi gloups !


- Il vient de m'envoyer la serveuse avec une autre coupe de champ ! Il me sourit ! Purée, ces yeux, ces dents !


- Non, mais, ça va là, tu te prends pour le chaperon rouge ou quoi ? Et maintenant, qu'est-ce-qu'il fait ?


- Aïe, Aïe, Il me sourit encore ! Il se lève ! Ouille ouille ouille ! J'ai les genoux qui trantolent ! Je sens que je vais m'estavanir !


- Manquait plus que ça ! Souris ! Non de Zeus ! Souris !


-Et après ! Chétait pas prévu cha !


-Improvise !


-Même chi ! Même chi...


-Même si quoi ?


- Chuuuuuutttt ! J'improvise !


- Et merde, c'est elle qui a la carte bleue !



Azalaïs



Par Azalaïs - Publié dans : Jeux d'écritures
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Lundi 20 avril 2009 1 20 04 2009 11:25
Pour les Parchemins de Bigornette
je publie à nouveau ce texte





            Ma Mounette n’est plus, ma douce, ma tendre, ma fidèle, ma merveilleuse au regard d’or, ma belle chatte de gouttière trouvée un jour dans une boîte de carton !

               
            Tu n’iras plus l’été te rouler au soleil sur la plaque du puits, ni t’allonger heureuse dans l’ombre bleue des nepetas. Tu ne guetteras plus le « tuit, tuit » lancinant du verdier, cachée sous l’hortensia ou dans la jungle verte des coloquintes en fleurs. Je ne te verrai plus piquer ton petit sprint à travers la pelouse et revenir me voir aussi fière et cambrée qu’une danseuse de Flamenco ! Je vais attendre en vain le tic tic de tes pattes effleurant le plancher, le bond si prévisible sur le rebord du lit, les petits coups de tête sur la tranche du livre jusqu’à ce que je te fasse une place dans le creux de mes bras. Tu posais ta tête sous mon menton et je continuais à lire en écoutant le murmure apaisant de ton ronron discret. Parfois, je refermais le livre et m’absorber dans le spectacle de cet abandon m’apportait une quiétude immense.

               
           Je te rêve partout : sur les marches de l’escalier, ta tête me surveillant à travers les barreaux, derrière la porte vitrée de la cuisine qui donne sur le jardin, dans la cagette des chaussettes, sur le rebord du bassin où tu observais les poissons pendant des heures, sur le coussin du fauteuil où tu m’attendais patiemment tous les soirs …

               
            Je garderai toujours l’empreinte de ce regard plein de confiance et d’absolue tendresse. Je le verrai partout, sans fin éparpillé dans la lumière du matin, le tournoiement des hirondelles, l’odeur de la lavande,la rosée de l'alchémille, la chaleur accumulée par les tuiles de l’allée, le labyrinthe des planches qui séparent les carrés de légumes et que tu suivais scrupuleusement de ton pas de félin.

               
        Je sais que certains doivent nous trouver stupides, indécents peut-être de pouvoir parler ainsi d’un animal, de le pleurer autant, mais ça m’est complètement égal. Ils peuvent penser ce qu’ils veulent, je m’en moque! Il y a longtemps que je trace ma route, que j’ai réglé mon pas sans me préoccuper du jugement des autres et je suis tout à fait certaine que beaucoup d’hommes auraient beaucoup à apprendre du comportement animal !

 
        Ce qui  par contre va me poser question pendant très très longtemps, c’est cette force qui m’a poussée à choisir de façon aussi prompte la solution finale ! Nous n’étions pas du tout venus pour cela, juste pour savoir  et pourtant cet homme a su trouver les mots pour nous montrer la voie de la raison. Depuis, je n’en finis pas de questionner mon mari pour qu’il me répète encore et encore comment les choses se sont passées, comment j’en suis arrivée là.

               
            Tu dors près de la vigne où nous aimions nous installer toutes les deux les jours de grand soleil. J’ai planté dans la terre une branche de rudbeckia qui fleurissait encore, symbole d’un été qui ne veut pas mourir ! J’espère qu’elle y prendra racine, ce sera pour moi un signe de pardon. J’aimerais tellement croire Walt Whitman quand il dit : « Je suis arrêté quelque part et je t’attends ! »

 

Azalaïs

 

 

Depuis, par je ne sais quel mystère, deux autres chattes sont arrivées:


 


 


 

 

Kinou, ma semi sauvageonne au regard
plein de questions muettes













Kizzi, ma petite lutine
Par Azalaïs - Publié dans : Jeux d'écritures
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Samedi 18 avril 2009 6 18 04 2009 20:52

Pour Marc de Metz





Trois ballons bleus
se font la belle

Trois  bouts de ciel
au bout d'un fil

Pauvres poissons perdus
dedans le ventre de la nuit

Azalaïs
Par Azalaïs - Publié dans : Jeux d'écritures
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Mardi 14 avril 2009 2 14 04 2009 16:45

Dom Robert : Mille fleurs sauvages



Ding ! Dong ! Dong ! Tzing !


Vous entendez ce raffut ? C'est bientôt Pâques les enfants ! C'est le temps des zoziaux, des coucous, des zolies pâquerettes... Il faut se préparer, aller se récurer, le dedans, le dehors pendant que dans le ciel, les cloches se font la belle !


Cousez, cousez les couturières ! Taillez, piquez, pour revêtir l'homme nouveau et emballer l'âme nouvelle. Et ce qu'il faut  surtout, c'est que l'habit soit neuf, cousu de frais et d'un modèle unique ! Aussi, avant la messe, on ourdit, on s'informe, on diffuse, on ventile... Madame Machin portera du vert pomme et Madame Truc une veste pastis sur une robe sable, un patron de Femme d'Aujourd'hui. Il paraît que la femme du notaire va se produire en parme, celle du médecin sans doute en violet. Elle aurait fait venir son chapeau de Toulouse !


Mais toi, ma fille, tu seras en bleu ciel avec peut-être une note de blanc. C'est très joli le bleu, c'est toujours à la mode ! Voyons, voyons... Je verrais bien un tailleur bleu avec un chemisier blanc à pois bleus. Oui, ce sera superbe !  Et puis bien sûr un chapeau cloche, hein ? Qu'est-ce que tu en dis ? Un chapeau blanc en paille avec un ruban bleu.


Ce que j'en dis moi, c'est qu'à 13 ans, même si j'en parais 17, avec ce tailleur bleu et ce chapeau qui cloche, j'aimerais bien être ailleurs ! Et puis, il va falloir des chaussures neuves, des chaussures à bouts ronds alors que moi, j'ai les pieds tout carrés ! Si seulement je pouvais lui répondre à cette andouille de vendeuse qui me dit que le cuir va se faire ! Bien sûr, bien sûr que ça va se faire ! Menteuse !  On voit bien que c'est pas toi qui va les porter !


Aïe ! Aïe ! La vache que ça fait mal ! Je marche sur des œufs, je sens déjà l'ampoule qui se forme  et pour tout arranger, il fait un froid de gueux ! En plus, il a fallu enjamber mes tout premiers bas, avec le porte- jarretelles et tout le tintouin ! Me voilà harnachée comme une jument de remonte ! Et si ça pète ce truc ! Ça tire bouchonne de partout, je vais jamais tenir !  Et me voilà dans une église pleine à craquer. J'ai beau me planquer derrière un pilier, y a toujours le chapeau qui dépasse ! L'harmonium nous endort en sourdine. Il flotte dans les airs un lourd parfum de cire chaude qui se mêle aux parfums chamarrés de ces dames ! Debout, assis, à genoux, debout, assis...  


Et puis voilà le moment tant attendu où tel un bœuf allant à l'abattoir, il va falloir quitter son banc, se mettre en rang,  avancer humblement tout en trainant les pieds, tendre la langue à la barrière et revenir les bras croisés en ruminant  sa pastille de façon élégante. L'harmonium se déchaine. Enfin, on va pouvoir épier les toilettes, s'observer en silence, comparer les tissus, estimer le prix du chapeau, des chaussures, repérer les maladresses des couturières dans une manche mal montée, une jupe qui pendouille, un faux pli sur le ventre, faire sa provision de cancans pour les jours à venir. Pourtant, dans les allées, on se tient droit, on essaie de marcher du meilleur pas possible, on sait le poids de tous ces yeux qui vous détaillent...

 


Enfin, le grand cirque est fini ! Soudain, une envolée de volatiles colorés des pieds jusqu' à la crête s'ébroue sur le parvis. On se sourit, on se salue, on reste encore un peu, histoire de revoir ce qu'on aurait mal vu ! L'homme nouveau n'aura pas fait long feu ! Demain, il va lâcher son fiel et cancaner à qui mieux mieux ! J'espère que l'année prochaine  la mode sera aux bouts carrés !

 


-          Ma chérie, tu étais la plus chique ! Tout le monde t'a regardée !

-          Oui maman, tout le monde m'a regardée !


Azalaïs



Par Azalaïs - Publié dans : Jeux d'écritures
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