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Machaon sur valériane
Cette urgence de vivre à la fin de l’été ! Vouloir soudain tout voir, tout cueillir, tout garder dans ses bras, dans ses yeux, comme s’il s’agissait de son dernier été. Cette soif, cette humeur désirante, cette presse aliénante qui nous prend tout entier dans un grand désespoir qui chavire le cœur. Sentiment d’éphémère, petit éclat de vie qui se casse et qui git, sur le chemin des hirondelles.
Et nous voilà tout emplis d’inquiétude au chevet de ce grand corps malade. On cherche les prémices de la mort annoncée dans les grands arbres fiers qui retiennent leurs feuilles, le bruit sec, sans appel des marrons frais tombés, les dernières fougères qui bravent le silence.
Qu’est-elle devenue la jolie vague rousse du petit bois de peupliers et notre herbe d’été qui nous offrait d’un coup une si belle ardeur ? Comme tout était vert et tendre et neuf avec un chant d’éternité à la cime des fleurs !
Quelle est donc cette peur qui nous étreint le cœur dans sa grande tenaille ?
Il faudrait inventer des berceuses pour emplir nos mains vides et des mots de printemps pour apaiser la nuit de nos vieilles âmes grises.
Azalaïs
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