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Cette semaine, sur la petite place de notre village, La Compagnie Ivan Morane nous a fait part de son spectacle « Rire ou ne pas rire », un spectacle sans pleurs ni couronnes sur le thème de la mort.
« Du théâtre pour tous disent-ils, où rire et ne pas rire nous emporte loin de nous, ou loin en nous. Un théâtre pour avoir envie de débrancher quelques temps les antennes de télévisions et les ordinateurs »
Et ils étaient nombreux ma foi ceux qui ont bravé le temps, renoncé à Plus belle la vie, pour découvrir cette scène où trônent des cercueils, plantés
là sous la croix de leur place du coq !
Nombreux aussi ceux qui ont boudé leur plaisir, tant pis pour eux !
Il faut dire que le spectacle était offert par la municipalité et que pour certains il n'eût pas été convenable de s'y montrer ! Les guéguerres de chapelles vont se nicher parfois dans de drôles d'endroits !
Vous raconter le spectacle serait difficile. Mais essayez d'imaginer 3 comédiens dans un cimetière : 2 fossoyeurs tragi-comiques et une jeune femme un peu étrange qui font voler des crânes, déplacent les cercueils, devisent avec la mort, trinquent sur les tombes et qui se racontent des histoires d'enterrements, de suicides ratés, de meurtres impunis à travers des textes empruntés à Shakespeare, Prévert, Dubillard, Gourio, Grimberg, Ribes, Renaude, Copi, Kerman, des chansons de Brel aussi... Bref des histoires effroyablement drôles, tendres, poétiques, joyeuses, absurdes ...
Mais le spectacle était aussi en dehors de la scène avec les enfants qui hésitaient entre rire et frisson, les personnes âgées qui riaient tout en critiquant ces « ILS qui auraient pu choisir un autre spectacle », et ceux aussi qui sont rentrés ostensiblement chez eux en fermant bruyamment leurs volets ! Il y a même eu un camion plein de brebis bêlantes (les pauvres !) qui passait derrière la place au moment où l'actrice disait à son compagnon en train de se suicider « Mais qu'as-tu Guy à souffler comme un bœuf ! »
Un vrai spectacle de rue en fait qui sillonne les routes du Tarn avant une tournée nationale en 2010.
Juste un tout petit extrait de brèves de comptoir de Jean-Marie Gourio :
« Mon père était bien portant, ma mère était bien portante et moi, je suis bien portant. Comme ils sont morts depuis trois ans, je reste le seul bien portant
de la famille. »
Et puis cette réflexion sur l'inégalité sociale, même dans la mort, avec dans le cimetière, le coin des riches et le coin des pauvres que l'on expulse sans
ménagement de terre aussi vite que les sans papiers.
Azalaïs
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