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Ce Nadalet se chante sur l'air des Cordelles que vous avez peut-être dansé à l'école quand vous étiez petits lors d'une fête de fin d'année ! Un vrai cauchemar ! Enfin quand on le danse !
http://fr.youtube.com/watch?v=ZDnUqKQVHRI
Mettez vous la musique pour lire, vous serez dans l'ambiance !
Il raconte l'épopée des habitants de tous les petits villages qui entourent Grasse et tout comme la danse des cordelles il n'est pas très facile à chanter. Bref, je vous raconte :
D'abord, il y a Felip avec son courrier qui arrive de La Garde et qui soudain vers Saint Vallier arrête sa guimbarde parce qu'il entend une voix venue du ciel qui lui dit : « Souffle dans ta petite trompette
e vai di di di, e vai re re re, e vai di, e vai re e,
et va dire aux pâtres se suivre cet astre !
Le vieux Felip étonné lève la tête, il voit le ciel tout illuminé comme un jour de fête ; alors il va vers la mer en criant son message aux montagnards :
de toi lei ma ma, de toi lei sa sa, toi lei ma, toi lei sa, de
tous les hameaux qu'il a sur son passage !
Notez que le ciel a choisi le facteur pour annoncer la nouvelle !
Ce sont les habitants de Grasse qui les premiers se mettent en route. Ils emmènent le farsumier et mettent la clé sous la porte ! Qu'est-ce qu'un farsumier ? Un outil spécial pour faire le chou farci. Ce sont les seuls paraît-il qui ne sachent pas faire le chou farci sans utiliser cet outil ! Du coup, les habitants des hameaux voisins se moquent un peu d'eux et le mot « farsumier » est devenu une sorte d'injure ! Au passage, si quelqu'un pouvait me dire comment c'est fait, je le remercie par avance ! Donc, ils emmènent le farci, du parfum bien sûr,
e de fo fo fo, e de ga ga ga, e de fo, e de ga, e de fogasseta ,
per far la sauceta : de la fougasse pour saucer ce qui reste dans l'assiette quand on a dégusté le farci !
Puis arrivent les gens de Mouans, droits comme des cierges parce qu'ils se croient les plus intelligents, les plus sages ! Au passage, vous remarquerez le coup de patte donné à chaque village ! Pas très catholique tout ça ! Il faut dire que c'est le seul cadeau qu'ils portent à la Vierge, leur bon sens ! En plus, ils sont radins ! Et ils se croient tellement sages, qu'ils n'osent même pas se retourner pour jeter un coup d'œil sur leur village avant de partir, parce qu'ils ont peur qu'en tournant la tête, leur bon sens s'échappe !
Viran pas pas pas, viran pas la la, viran pas, viran la,
viran pas la tèsta e lo sens li rèsta !
Bien sûr les habitants de Mougins partent eux aussi ! Et à eux, on leur dit, toujours pour se moquer d'eux, que leur village est plus beau vu de dehors que de dedans ! Alors, quand ils arrivent à Tournemire, eh ! bien ils se retournent pour voir si c'est vrai ! A l'époque, on ne sortait pas beaucoup de chez soi apparemment ! Eux aussi ils sont radins, ils n'ont pas de cadeaux, juste leur curiosité !
Ceux de Castelnau par contre, ils font sonner les cloches, ils emmènent du blé, quelques barriques de vin
puis musi si si, puis muco co co, puis musi, puis muco,
puis musique en tête, ils partent faire la fête !
Peut-être pas chargés de bon sens, mais très généreux ceux là !
Ou alors, c'est la musique qui adoucit les moeurs!
Ceux de Plancassier eux,ce sont des braves,et pour réunir le peuple avant de prendre une décision, ils tirent un coup de canon ! Ils se réunissent d'abord en assemblée générale avec le curé, les conseillers puis décident de partir mais ils sont tellement braves qu'ils décident d'emmener avec eux des reliques : celles de Saint Donat et celles de Saint Brancassi ! On n'est jamais trop prudent !
Bref, de tous pays, de tous lieux, arrivent des caravanes, à pied, sur des ânes,sur des bœufs et tout ce monde va vers Cannes pour prendre le bateau! C'est le seul Nadalet que je connaisse dans lequel on prend le bateau pour aller à Bethléem ! D'ordinaire, on part comme si la Palestine était à deux pas de chez vous !
Les patrons des bateaux embarquent tout ce beau monde et suivent le chemin de l'étoile ! Mais ce sont de pauvres montagnards,
ils ne connaissent pas la mer et ils font « la fusada » ! Pas besoin de traduire, imaginez quelque chose qui fuse quand vous êtes très malades sur un
bateau !
Et le pauvre Felip du début, il se demande ce qu'il est venu faire dans cette galère !
Paure mi mi mi, paure se se se, paure mi, paure se,
paure miserable ouf, voilà l'étable !
J'ai emprunté ces images chez Santounette la reine des Santons.
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