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Mur, début, icarien, germon, enclave, lytique, encombrer, hermine, bleu, tiraillement, obligeance, progrès, kidnapping,
rousseur, pif.
« Lytique, lytique, est ce que j’ai une gueule de lytique ? » hurlait l’homme emballé pour la nuit dans une
enclave de carton qui encombrait le trottoir. « Est-ce
que je te dis, moi, qu’avec ton pif qui fend la bise t’as une tronche de germon
? Et pis tu crois tout d’même pas que j’vais me laisser embarquer par un bleu non ?
»
Le policier s’impatientait. Ce qui, au début, n’était qu’une banale affaire de tapage nocturne, tournait à
l’affrontement.
« C’est comme ça Monsieur, vous gênez l’ordre public, vous devez circuler ! C’est la loi ! »
« La loi, la loi, me fait pas rire j’ai les lèvres gercées ! De toute façon j’vas t’dire un truc ! La loi, la justice, c’est comme la Sainte Vierge, faut la voir de temps en temps sinon le doute
s’installe ! »
Autour des deux protagonistes, un noyau de badauds s’était formé et commentait la scène.
« Monsieur, s’il vous plaît, encore une fois, ayez l’obligeance de bien vouloir circuler. Vous ne pouvez pas rester là ! Vous gênez le passage ! Si vous voulez, je peux vous conduire dans un centre d’hébergement ! Vous y serez mieux qu’ici ! »
« Ca va pas la tête, non ? Y a plein d’vermine dans les mat’las des centres ! Et pis moi, d’abord, j’y suis zillergique aux icariens !
L’attroupement grossissait à vue d’œil et prenait part maintenant à l’interpellation !
« Eh ! Papy ! » lança un jeune homme, « On ne dit pas les icariens mais les acariens ! »
« Ben moi, j’suis pas un abrégé, j’suis juste un cancrelat et j’dis icarien si j’veux ! Mais toi avec tes tâches de rousseur, est-ce que j’te d’mandes si t’as bronzé à travers une passoire ? »
« Houou ! » disaient les uns !
« Bravo ! » criaient les autres !
Le clochard, maintenant, était sorti de ses cartons et, une bouteille à la main avait entrepris de chanter La Blanche Hermine ! Conquise, la petite troupe de spectateurs chantait avec lui. « La voilà la blanche hermine, vive la mouette et l’ajonc ! La voilà la blanche hermine, vive Fougère et Clisson ! » Il avait su vaincre les tiraillements qui les divisaient au début de l’altercation. Les bras levés vers le ciel, ils se balançaient en cadence. Des briquets s’étaient allumés réchauffant ce petit bout de trottoir où le froid de la nuit commençait à tomber. « Une autre, une autre » se mirent-ils à crier en tapant des pieds. Des pièces sortirent de leurs poches et atteignirent le chapeau qu’il avait posé par terre. Il salua en imitant maladroitement la révérence d’une danseuse puis attaqua « La jument de Michau ».
Soudain une légère inquiétude traversa l’assemblée. Ils n’étaient plus aussi attentifs, quelque chose s’était rompu. Enfin quelqu’un demanda : « Le policier n’est plus là ? » Et, alors que
quelques minutes auparavant sa seule présence renforçait la cohésion du groupe, de la même façon, sa disparition fit retomber comme un soufflé l’enthousiasme des auditeurs. L’ambiance n’y était
plus et la foule se dispersa en ronchonnant contre cette police qui capitulait aussi vite ! Sur le trottoir déserté, l’homme plia ses cartons, les posa sur un caddie et quitta les lieux en
sifflotant.
A quelques pas de là, adossé au mur d’un immeuble en construction, le policier l’attendait.
« Z’y va, comment tu t’es tapé l’affiche ce soir ! Y s’y ont vu que du feu ces bouffons ! Comment j’les ai endormis grave ! On est en progrès ! Eh ! C’était quoi la chanson là : la blanche machine ? T’ain, j’ai trop kiffé ! »
« C’est une chanson bretonne de Gilles Servat. Comme on était à Montparnasse, tu vois, j’ai fait dans le local ! Quand on ira misérer Gare du Nord, je chanterai « Les Corons » Et à part ça, t’as
carotté beaucoup ? »
« Bah non, j’suis trop vénère là ! Même pas un portab à bicraver ! Ces niailles y zavaient juste un peu d’oseille et c’est tout ! Va falloir se trouver une autre arnaque vite fait! Viens on
s’arrache ça m’donne trop le bad trip ici ! Sinon, j’ai un sauss qui m’propose un truc de ouf sur la Côte d’Azur, un kidnapping de cleb’s, ça t’branche ? Sérieux, t’auras qu’à chanter ! Comme zique, t’as bien un truc en réserve non ? »
« Oui, Line Renaud, tu connais ? Combien pour ce chien, dans la vitrine, OUAF, OUAF !! »
Pour rédiger ce texte, j’ai trouvé un grand nombre d’expressions dans le site « Mots de tête » que je remercie et qui propose également de nombreux jeux d’écriture !
Ton texte est presque une version contemporaine de la Nef des Fous. D'ailleurs j'ai souri en découvrant à la fin de l'article ton choix d'illustration d'une oeuvre de Jérôme Bosch.
A bientôt Aza !
Bravo, je ne me suis toujours pas lancée dans des consignes dans lesquelles il y a tant de mots imposés.
Bravo !!! Heureusement que tu précise où tu as trouvé tes expressions on dirait que tu parles comme ça tous les jours... (sourire)
BIG BISOUS
BRAVO!
Histoire accrocheuse en tout cas.
Bisous Aza.
mon enfance, mes parents la chantonnaient !
me suis bien amusée avec ton texte !
les mots de tête: je ne connais pas, je vais fouiner, si par hasard, je me trouvais des drôles qui puissent m'inspirer
gros bisous Aza je suis contente de te retrouver
Amicales pensées de Normandie. Lydie
Sur la vie de ma mère, j'le kiffe grave le keuf ripou et son frère.
A plus
Robert
besos
tilk
A bientôt, j'espère
génial ! ce mot exprime bien ce que je ressensdevant ton texte.
Quelle verve !
quelle imagination !
et puis,cerise sur le gâteau, Jérôme Bosch que j'adore...
gros bisous amicaux
jean-marie
Poétobisous
MP
Bravo, moi je n'arrive pas à tricoter un texte avec des mots imposés! J'ai beaucoup aim. Nicole
Aza....allez, coupe tes ongles à ras et ...reprend le clavier !
Breizhbiz !
glitter-graphics.com