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Texte Libre


Vendredi 30 novembre 2007
 
Pour Paroles Plurielles. Ecrire un texte sur le thème de la jalousie. Ce texte doit être une lettre et ne doit pas contenir la lettre U

man--ge.JPG

Hola, Lola,
 

Jevatedire coman t’es moche vec tonoeille de serpaon, ta lippe de zirgonflexe, tes fring’ de domaïzelle du chicos et tes tresses léchées de tit file à ta moman !

T’avé pas l’droit de me chiper Maxime ! Maxime, c’été mon raivamoi, mon zardine zicrette, mon pétarfice, mon zoli manèze de tornicoti tornicoton !

Jesai, je n'ai pas d’ac vec la gramatic françoise nivec la métresse cotoi, je connais pas le corback et le rénar cotoi, mé moi, jai ja des poilopattes, patoi, j’ai des nénés dans le retiengorge, patoi !

Lor voila : si demain Maxime y reviens pas, j’te pête le nez à la récré !

Et jirai pas à ton niversaire  voila !

Aza
 
 

Je me suis inspirée d'un texte très drôle de André Martel qui est lui une déclaration d'amour ! 

 
 
par Azalaïs publié dans : Jeux d'écritures
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Jeudi 29 novembre 2007
 

Pour les Impromptus littéraires. « Vous venez d’arriver dans une ville inconnue où vous ne connaissez personne et votre histoire doit absolument commencer par les mots suivants : Dès qu’elle fut partie, je fermais la porte à clef … »

albi-02.JPG 

                Dès qu’elle fut partie, je fermais la porte à clé. Il y avait du soleil dans la rue, des géraniums à toutes les fenêtres. La rue était pavée, fraîchement nettoyée. De petits filets d’eau couraient encore par endroit. Des balsamines peu farouches occupaient sans façon des récipients désuets en zinc, en émail ou en terre. Un chat sortit soudain d’une porte cochère. J’eus l’impression qu’il me souriait comme me souriait aussi la statue de l’enfant plongée dans la fontaine.

 

               
        Je marchais d’un pas neuf, ouverte à toutes les surprises. Un clocher quelque part sonna l’heure, éveillant par magie une odeur de pain frais. Tout à coup une place, entourée de terrasses élégantes. Et là, surgie comme d’un rêve, la masse rouge, énorme, de l’imposante cathédrale « qui frappait l’âme comme une masse » disait Kipling dans le guide. Les premiers touristes se pressaient déjà sous le portail à baldaquin travaillé comme une dentelle. Un  instant, je fus tentée d’entrer moi aussi, mais ce n’était pas ma mission.

 

               
        Dans le prolongement du grand vaisseau de brique, se dressait le Palais Episcopal. Bâti comme un château fort avec un mur d’enceinte et un énorme donjon, il abritait un adorable jardin à la française qui semblait suspendu au-dessus de la rivière où flottaient de petites îles vertes. Il descendait, en terrasses successives jusqu’à un promenoir bordé de statues délurées et recouvert d’une charmille où courait une glycine.

 

               
        Comme d’habitude, je pris un grand nombre de photos. Pas facile de traquer l’inédit : ces buis taillés avec minutie offraient toujours un peu les mêmes dessins. C’est pourquoi je m’absorbais dans les murs végétaux qui partaient à l’assaut de la courtine.Des massifs monochromes ou de savants mixed- border mélangeant avec audace des santolines en coussins, les torches orangées des tisons de Satan, des phlox magenta, des eupatoires vieux roses, de superbes  hélénies  aux tons chauds, de criardes monardes aux fleurs ébouriffées …

 

                L’approche photographique terminée, il me restait à rédiger mon nouvel article pour cette revue de prestige qui m’employait depuis un mois :L’impromptu des jardins.
                                                                      Azalaïs

baldaquin-01.JPG

 

par Azalaïs publié dans : Jeux d'écritures
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Mercredi 28 novembre 2007
Chez Lilounette aussi, il y a des mouettes !



les-mouettes.JPG
Mouettes rieuses?
Mouettes boudeuses?
Dos à dos contrarié
Ou rendez-vous discret?
Il n'y a que la mer
et le sable
et le vent
qui savent  leur secret !

Azalaïs
par Azalaïs publié dans : Poésies
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Mardi 27 novembre 2007
 
 En voyant les nuages chez Josette et chez Le  Bigorneau, j’ai eu comme une envie de ciel !
 

nuages-sur-la-baie.JPG
Nuages voyageant dans un ciel lourd de brumes,

Vieux sages paressant sous un rayon de lune,

Fleurs d’écume s’ouvrant sur des prés toujours verts,

Mappemondes alanguies dans un monde à l’envers,

 

Volutes se tordant sous les doigts du soleil,

Grands voiliers de l’espace,

Migrateurs sans abri,

Crocodiles pastel dans un fleuve d’opales,

 

Où et vers quels néants

Roulez-vous vos orages,

Vos bruines si légères,

Vos grêlons de printemps ?

  Azalaïs

 
par Azalaïs publié dans : Poésies
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Lundi 26 novembre 2007


Fontaine  à Sorèze dans le Tarn
 

Averse averse averse averse averse averse

pluie ô pluie ô pluie ô ! ô pluie ô pluie ô pluie !

gouttes d’eau gouttes d’eau gouttes d’eau gouttes d’eau

parapluie ô parapluie ô paraverse ô !

paragouttes d’eau  paragouttes d’eau de pluie

capuchons pèlerines et imperméables

que la pluie est humide et que l’eau mouille et mouille !

mouille l’eau mouille l’eau mouille l’eau mouille l’eau

et que c’est agréable agréable agréable

d’avoir les pieds mouillés et les cheveux humides

tout humides d’averse et de pluie et de gouttes

d’eau de pluie et d’averse et sans un paragoutte

pour protéger les pieds et les cheveux mouillés

qui ne vont plus friser qui ne vont plus friser

à cause de l’averse à cause de la pluie

à cause de l’averse et des gouttes de pluie

des gouttes d’eau de pluie et des gouttes d’averse

cheveux désarçonnés cheveux sans parapluie

 
Raymond Queneau
par Azalaïs publié dans : Les poèmes que j'aime
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Dimanche 25 novembre 2007

libellule-01.JPG


La belle lit,
la lie bulle!


La belle lut
la bulle d'Elie.

La libelle lue,
au lit belle Lilu!

Oh! La libellule!

Aza
par Azalaïs publié dans : Poésies
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Vendredi 23 novembre 2007

Proposition d’écriture pour la communauté ECRITURE LUDIQUE.  On peut s’inspirer de l’une, l’autre ou des deux toiles qu’Al Maury nous prête avec beaucoup de générosité.

Même si vous ne faites pas partie de cette communauté, rien ne vous empêche de faire cet exercice et d’en informer Al Maury qui sera je pense ravi de lire vos textes.

Al-Maury-01.JPG

Al-Maury-02.JPG 
 
Où est-il l’océan

Qui enfante les fleuves

Et le creux de la vague

Ecumée par les flots ?
 

Où sont tous les sentiers

Que je voulais tisser,

Les routes insensées

Que volent les oiseaux ?

 
Et le bleu de la nuit

Qu’enchante le soleil,

Les jardins audacieux

Aux graines indécentes ?

 

Je ne suis plus qu’un songe

A l’ancre de mes rêves,

Un fruit mûr éclaté
Au regard étoilé.

Azalaïs
 
par Azalaïs publié dans : Peinture et écriture
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Jeudi 22 novembre 2007
Pour papier libre. S'inspirer du tableau de Degas : l'Absinthe.



painting-absinthe-degas2.jpg
             On dit qu’il a encore changé l’Toulouse ! Les lui faut toutes : la Valadon, la Goulue, la Guilbert, la Jeanne, la Rouge, la Blanche, toutes j’te dis, les trotteuses, les crapaudes, les danseuses, les chanteuses… Ah ! l’a pas peur de se choper la chtouille le nabot ! Paraît pourtant qu’il est dans la noblesse, comme qui dirait un comte quoi, avec des terres et des châteaux ! Un jour,  même qu’y m’a appelé sa princesse !
 

                C’est vrai qu’j’avais d’l’allure quand j’étais écuyère au cirque Fernando ! Ah ! Fallait m’voir sur la piste, ça c’était du spectacle ! Fallait voir ces figures ! J’te jure ! C’était aut’chose que l’French Cancan ! Enfin, y avait l’Cancan mais sur un canasson ! Même l’gars Seurat, il est venu m’croquer !

 

 C’est-y ma faute à moi si c’te carne a pris peur quand j’faisais ma voltige ? Devrait l’savoir pourtant l’Lautrec c’que ça fait d’avoir les os en pièces ! Maint’nant, même à la rue des Moulins, y a pas d’trimard pour moi ! Paraît que l’client, l’aime pas les éclopées ! Comme si les filles, elles, z’avaient le droit de faire les pignocheuses ! Non mais j’te jure ! On s’demande de quel côté qu’il est c’te bon Dieu  là ! M’avait bien  promis qui m’laisserait pas tomber l’artiste ! Mais la clownesse, a su s’tailler une place ! Cha-U-Kao, qu’elle s’appelle ! C’est-y un nom ça ?

 

Depuis, ma vie, c’est plus qu’un poison vert ! Y en a qui disent que Degas et Renoir y cherchent des modèles dans les bistrots ! T’y crois toi à c’t’histoire ?

                                                                  Azalaïs

par Azalaïs publié dans : Peinture et écriture
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Mercredi 21 novembre 2007

                Pour  Paroles plurielles. S'inspirer de la photo de Largo et commencer son texte par : « Je n’ai pas mis les bonnes chaussures ce matin. »

        

je-n-ai-pas-mis-les-bonnes-chaussures.jpg   

« Je n’ai pas mis les bonnes chaussures ce matin », se disait-elle, le cœur empli d’une détresse sourde. Elle avançait, le buste incliné vers l’avant, les muscles crispés, le souffle court, l’esprit désemparé, tout entier tenaillé par ce tourment unique : elle avait mal aux pieds !

               
            Cela avait commencé par un élancement rouge, sournois, insidieux, lancinant, localisé à ses extrémités. Au début, elle avait juste essayé de ne pas y penser, de marcher de façon différente en attaquant le sol avec le talon, en se faisant  plus légère … Mais bientôt, le reste du pied avait suivi. La plante était devenue  brûlante, collante, prête à partir en lambeaux comme si elle marchait sur des braises. La douleur maintenant irradiait dans tout le mollet et remontait le nerf sciatique. Engoncée dans son manteau trop chaud pour la saison, elle se mit à transpirer. Elle avait mal au cœur, mal au dos, mal à la tête, mal aux dents… Son corps peu à peu,   était devenu comme une grande flamme qui la dévorait toute entière ! Elle était au supplice ! Des larmes embuèrent sa vue, elle chercha un mouchoir.

               
              Pourtant, elle avait passé toute la veille à se préparer. Elle avait vainement cherché quelque chose qui pourrait convenir pour cet entretien d’embauche, mais elle avait tellement grossi ces derniers temps ! Elle avait donc acheté en catastrophe un pantalon et un pull en soldes sur le marché. Pour cacher sa misère, elle avait pensé que le manteau ferait l’affaire. Et quand elle avait voulu trouver une paire de chaussures, elle se rendit compte qu’il n’y avait plus, dans le placard, que ces bottines à talons oubliés par sa fille ! Tant pis, si elle prenait le bus, elle n’aurait pas long à marcher ! Seulement voilà, la RATP avait déclenché une grève surprise et elle se retrouvait sur ce pont, prête à hurler, à la limite de vomir sur ses chaussures ! Tout ça pour quoi ? De toute façon, elle n’y croyait plus aux entretiens d’embauche ! Elle était bien trop vieille, trop moche, trop grosse, trop défaitiste ! Elle n’avait pas encore ouvert la bouche que déjà, elle lisait dans leur regard, qu’elle ne ferait pas l’affaire ! Oui pour quoi et surtout pour qui ? Ils l’avaient tous abandonnée !


       
              Elle s’arrêta un instant à l’extrémité du pont. La lumière du matin balayait la surface du fleuve qui fumait par endroits. Au loin, une tendre buée enrobait tous les arbres. Elle se laissa absorber par la sérénité de l’eau  polie comme un miroir. Peu à peu, les battements de son cœur s’apaisèrent et un souffle d’air frais passa sur son visage. Les gens passaient derrière elle, mais elle n’en voyait que les ombres, obliques et sautillantes. Toute sa vie, elle aussi, elle n’avait été qu’une ombre ! Et si …Il lui sembla que l’eau l’appelait, lui caressait les cheveux, le front, comme sa mère quand elle était petite. Cela semblait si simple ! Elle se pencha, prête à basculer, lorsque soudain un chat noir se glissa entre ses jambes. Il était maigre et implorant. Ses yeux d’or semblaient comprendre son désarroi. Distraite, elle se courba, caressa le chat qui se faisait de plus en plus pressant dans sa quête de tendresse. Alors, elle  arracha ses chaussures d’un geste rageur, les balança par dessus le garde-fou et emporta le chat qui se lova en ronronnant dans la chaleur de son manteau.

                                                                                                                          AzaLaïs
par Azalaïs publié dans : Contes et nouvelles
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Mardi 20 novembre 2007

Pour Ecriture Ludique . Les mots  sont de Faux rêveur.Nous devons en utiliser au moins 15 (idéalement tous) pour écrire un texte de notre choix.


page - annuler - travers - crépuscule - tirer - facile - ambiance - hypothèse - mésange -finesse - parallèle - absurdité - sonate - langage - puriste - fatalité - dissoudre - pyramide -caresse - victime - bâtisse - perpétuel - exécrable - hacher – cran-
 
la-mouette.JPG

T’ai-je déjà dit combien tu me fatigues, combien tu m’excèdes, combien tu m’exaspères avec tes certitudes incontournables qui me mettent à cran, avec ton langage de puriste, tes parallèles faciles et exécrables entre une sonate de Chopin et la caresse du crépuscule, tes hypothèses pleines de finesse sur le mystère des pyramides, tes perpétuels discours sur la fatalité

 
 
 

Oui, je me tire, je me casse, je tourne la page, je ne veux plus être victime de tes absurdités ! Je hache menu tous tes travers, je les annule, je les dissous, je les disperse, je les ventile !

 
 
 

Je ne veux plus être ta mésange, ta chose, ton chérubin, ta chouchoute mais ta chien-hyène, ta chienlit, ta chiennerie, ta chikoungounia, ta chimère, ta chicote, ton schisme !

 
                                       Chourineusement tienne,
 
                                                           
                                                                    Aza
par Azalaïs publié dans : Jeux d'écritures
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