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Texte Libre


Jeudi 22 mai 2008
Logorallye pour « l’Ecriture Ludique ». Les mots sont de Angeline . Cette fois, il y en a 15 !

Mur, début, icarien, germon, enclave, lytique, encombrer, hermine, bleu, tiraillement, obligeance, progrès, kidnapping, rousseur, pif.




« Lytique
, lytique, est ce que j’ai une gueule de lytique ? » hurlait l’homme emballé pour la nuit dans une enclave de carton qui encombrait le trottoir. « Est-ce que je te dis, moi, qu’avec ton pif qui fend la bise t’as une tronche de germon ? Et pis tu crois tout d’même pas que j’vais me laisser embarquer par un bleu non ? »


Le policier s’impatientait. Ce qui, au
début, n’était qu’une banale affaire de tapage nocturne, tournait à l’affrontement.


« C’est comme ça Monsieur, vous gênez l’ordre public, vous devez circuler ! C’est la loi ! »

« La loi, la loi, me fait pas rire j’ai les lèvres gercées ! De toute façon j’vas t’dire un truc ! La loi, la justice, c’est comme la Sainte Vierge, faut la voir de temps en temps sinon le doute s’installe ! »


Autour des deux protagonistes, un noyau de badauds s’était formé et commentait la scène.

« Monsieur, s’il vous plaît, encore une fois, ayez l’obligeance de bien vouloir circuler. Vous ne pouvez pas rester là ! Vous gênez le passage ! Si vous voulez, je peux vous conduire dans un centre d’hébergement ! Vous y serez mieux qu’ici ! »

« Ca va pas la tête, non ? Y a plein d’vermine dans les mat’las des centres ! Et pis moi, d’abord, j’y suis zillergique aux icariens !



L’attroupement grossissait à vue d’œil et prenait part maintenant à l’interpellation !

« Eh ! Papy ! » lança un jeune homme, « On ne dit pas les icariens mais les acariens ! »

« Ben moi, j’suis pas un abrégé, j’suis juste un cancrelat et j’dis icarien si j’veux ! Mais toi avec tes tâches de rousseur, est-ce que j’te d’mandes si t’as bronzé à travers une passoire ? »

« Houou ! » disaient les uns !

« Bravo ! » criaient les autres !

Le clochard, maintenant, était sorti de ses cartons et, une bouteille à la main avait entrepris de chanter La Blanche Hermine ! Conquise, la petite troupe de spectateurs chantait avec lui. « La voilà la blanche hermine, vive la mouette et l’ajonc ! La voilà la blanche hermine, vive Fougère et Clisson ! » Il avait su vaincre les tiraillements qui les divisaient au début de l’altercation. Les bras levés vers le ciel, ils se balançaient en cadence. Des briquets s’étaient allumés réchauffant ce petit bout de trottoir où le froid de la nuit commençait à tomber. « Une autre, une autre » se mirent-ils à crier en tapant des pieds. Des pièces sortirent de leurs poches et atteignirent le chapeau qu’il avait posé par terre. Il salua en imitant maladroitement la révérence d’une danseuse puis attaqua « La jument de Michau ».



Soudain une légère inquiétude traversa l’assemblée. Ils n’étaient plus aussi attentifs, quelque chose s’était rompu. Enfin quelqu’un demanda : « Le policier n’est plus là ? » Et, alors que quelques minutes auparavant sa seule présence renforçait la cohésion du groupe, de la même façon, sa disparition fit retomber comme un soufflé l’enthousiasme des auditeurs. L’ambiance n’y était plus et la foule se dispersa en ronchonnant contre cette police qui capitulait aussi vite ! Sur le trottoir déserté, l’homme plia ses cartons, les posa sur un caddie et quitta les lieux en sifflotant.



A quelques pas de là, adossé au
mur d’un immeuble en construction, le policier l’attendait.


« Z’y va, comment tu t’es tapé l’affiche ce soir ! Y s’y ont vu que du feu ces bouffons ! Comment j’les ai endormis grave ! On est en
progrès ! Eh ! C’était quoi la chanson là : la blanche machine ? T’ain, j’ai trop kiffé ! »


« C’est une chanson bretonne de Gilles Servat. Comme on était à Montparnasse, tu vois, j’ai fait dans le local ! Quand on ira misérer Gare du Nord, je chanterai « Les Corons » Et à part ça, t’as carotté beaucoup ? »


« Bah non, j’suis trop vénère là ! Même pas un portab à bicraver ! Ces niailles y zavaient juste un peu d’oseille et c’est tout ! Va falloir se trouver une autre arnaque vite fait! Viens on s’arrache ça m’donne trop le bad trip ici ! Sinon, j’ai un sauss qui m’propose un truc de ouf sur la Côte d’Azur, un
kidnapping de cleb’s, ça t’branche ? Sérieux, t’auras qu’à chanter ! Comme zique, t’as bien un truc en réserve non ? »


« Oui, Line Renaud, tu connais ? Combien pour ce chien, dans la vitrine, OUAF, OUAF !! »

Azalaïs

Pour rédiger ce texte, j’ai trouvé un grand nombre d’expressions dans le site « Mots de tête » que je remercie et qui propose également de nombreux jeux d’écriture !


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L'escamoteur de Jérôme Bosch
par Azalaïs publié dans : Jeux d'écritures
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Mercredi 21 mai 2008

Sur la plage d'Anglet, quand le soleil se lève.


Une vague,
c'est peut-être la mer
qui se promène...

Aza

Je pars quelques jours, (encore????) ben oui, encore !!!
A bientôt...
par Azalaïs publié dans : Poésies
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Lundi 19 mai 2008
L'eau

Les eaux du marais vues par ma fille.
On s'attendrait presque à voir passer L'Ophélie
de John Everett Millais!

Le marais du côté de Loix.

Un an avant sa mort, Paul Eluard écrivait ce poème:



"Le tout est de tout dire et je manque de mots
Et je manque de temps et je manque d'audace
Je rêve et je dévide au hasard mes images
J'ai mal vécu et mal appris à parler clair

Tout dire les rochers la route et les pavés
Les rues et leurs passants les champs et les bergers
Le duvet du printemps la rouille de l'hiver
Le froid et la chaleur composant un seul fruit"

...

Quand on manque de mots, par chance, il y a la photo!


par Azalaïs publié dans : Balades
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Vendredi 16 mai 2008
Le ciel et la mer

Le petit port de La Flotte vu par ma fille

- Veux-tu monter dans mon bateau?

- Ton bateau, l'est pas beau!

-Veux-tu monter dans mon bateau?
L'est pas bien beau mais li va sur l'eau!
Je li mettrai des voiles, je l'y mettrai des voiles,
Pour qu'il avance mieux, pour qu'il avance mieux
...
Anne Sylvestre
par Azalaïs publié dans : Balades
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Dimanche 11 mai 2008

            Les mains sont les premières à ressentir l'absence, l'envol de cet oiseau qui les prenaient pour nid ! Alors, pour oublier ce grand vide impossible à combler, cette attente en creux, elles s'agitent en tous sens, cherchent une autre matière, s'inventant chaque jour des travaux inutiles auxquels on fait semblant d'accorder une importance extrême.

           

        On fuit et on se perd, juste pour relier l'espace, capturer le fugace, renouer un à un tous les fils, pour remonter le temps, pour retrouver la source... Mais le vent a passé ! On a cru avancer mais on n'est nulle part, toujours entre deux rives, dans le brouillard des mots, dans l'enchevêtrement dérisoire des rêves, au beau milieu d'un conte ironique et cruel !

          

        Pourtant, c'était hier ! Je sens encore dans mes paumes flétries la confiante fraîcheur de ces petites mains qui venaient s'y loger, paisibles comme des îles. Elles en gardent l'empreinte dans le moindre repli, le souvenir précis du contact espéré, des doigts qui se referment, des pouces qui se croisent ...

   

        L'esprit peut s'égarer dans la trame des jours, sans fin on s'interroge sur ce pouvoir immense qui sait dès le début, vous harponner le cœur en agrippant un doigt !

 

par Azalaïs publié dans : Jeux d'écritures
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Jeudi 8 mai 2008
Quelques phares

Le phare des Baleines
L'extérieur

L'intérieur: 257 marches pour arriver en haut!

Le phare de La Flotte

Et comme l'inspiration n'est vraiment pas au rendez-vous, je vous invite à aller rendre visite à celles qui ont su écrire sur ce thème:

Enriqueta
Le Bigorneau


par Azalaïs publié dans : Balades
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Lundi 5 mai 2008
Quelques oiseaux des marais

   Au nord de l'île de Ré, la baie du Fier d'Ars abrite marais et vasières. On trouve aussi d'anciennes salines abandonnées. Un ancien système hydraulique complexe, permettant de contrôler le niveau d'eau est remis progressivement en état, de façon à rendre le marais favorable au plus grand nombre possible d'oiseaux. Plusieurs centaines de milliers d'oiseaux y transitent durant leur migration de printemps et d'automne.

L'aigrette garzette, lointaine et prétentieuse

"Qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il a? Qui c'est celui-là?"

L'échasse blanche

"Vous avez vu? Moi je sais déjà écrire le A majuscule,
et même le 4, à l'endroit et à l'envers!"

Le goéland

"Bon, le cadrage, ça va?"


par Azalaïs publié dans : Balades
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Vendredi 2 mai 2008
Photo de Didier Protin: L'internaute


Ciel d'orage au printemps,

L'eau emblave le ciel,

Le ciel embrasse l'eau.

Ils cherchent un langage

Qui pourrait chavirer

Tous ces bouillons d'écume

Vers un autre mouillage.

Délayés, balayés,

Essuyés, ressuyés,

Cumulés, enstratés,

Enlacés, dénoués,

Les nuages s'envoilent.

Les blancs froissent les gris,

Les gris germent des blancs.

Les ocres, plus fugaces,

Entrouvrent des fenêtres

Sur des magmas de mauves

Qui retiennent leurs pluies.

Ciel d'orage au printemps,

Les nuages nébulent

Dans un calme mouvant.

Le ciel a tant de bras

Pour bercer tous ses pleurs.

Et là-bas, tout là-bas,

L'eau encorde le ciel,

Le ciel épouse l'eau

Pour y saisir une arche,

Un fleuve de couleurs

Qui plonge dans l'espace.


Azalaïs


Merci infiniment à tous ceux qui sont venus me voir pendant ma longue absence. J'ai l'impression d'être une convalescente pas très sûre encore de vouloir m'encorder de nouveau avec ce blog! J'ai bien trop besoin de m'aérer l'esprit au contact de la terre et du ciel. Qui vivra verra!

 

 

par Azalaïs publié dans : Poésies
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