Châteaux cathares de Lastours
- Elle était belle, elle était fière, elle était reine en ses pays, de l'Aragon à l'Italie...
- C'est une devinette ?
- Si tu veux, plutôt un texte que j'écris pour La Petite Fabrique
d'Ecriture.
- Ça parle de quoi ?
- D'une langue que l'on a assassinée, bâillonnée, emprisonnée à coup de lois, d'interdictions et de massacres pour faire place à sa
"sorrastra" : le franciment!
- Comment peut-on assassiner une langue ?
- Mais c'est très simple! Il suffit de lui dire qu'elle est laide et vulgaire et pauvre et misérable alors qu'on pille ses richesses
et ses valeurs, ses villes fortes, ses ports de mer, son vin, son sel, ses oliviers...
- Mais elle est vraiment morte ?
- Non, ils n'ont pas réussi parce qu'elle est vaillante et résistante, qu'elle a été de toutes les révoltes : les croquants, les
camisards, les vignerons, les paysans sur le Larzac, la lutte des cathares contre le loup Montfort !
- Et toi, comment la connais-tu ?
- Elle est venue à moi, à petits pas, à petits mots que je croyais perdus. Ils étaient là pourtant, blottis comme des graines,
attendant le printemps. Ils ont poussé en moi, y plongeant leurs racines pour me parler des miens, ancêtres paysans, mégissiers, tisserands...
Ils sont venus de loin me dire ses merveilles, le chant des troubadours, Guillaume d'Aquitaine, grand père d'Aliénor... Et « Ambe
la doçor del temps novèl » ils sont là, bien vivants pour me dire tous les autres : Boudou, Marti et Max Rouquette, Louisa Paulin la douce, Mistral, Cantalausa et Jean Larzac le prêtre
rouge... Ils chantent à mon oreille et je sème à mon tour pour qu'ils fleurissent en vous.
"Vèni véser dançar lo solelh e l'aigueta :
coma sabon s'aimar dins lo matin maienc !
Ont es l'aigueta ? Ont lo solelh primenc ?
Son pus qu'un sol rajòl d'amorosas belugas."
- Tu pourrais traduire quand même!
- C'est le début d'un poème de Louisa Paulin: Danse de mai
"Viens voir danser le soleil et l'eau vive:
comme ils savent s'aimer dans le matin de mai!
Où est l'eau vive? Où est le soleil printannier?
Ils ne sont plus qu'une seule coulée
d'amoureuses étincelles"
Et souviens-toi que la défendre n'est pas un signe de régression mais que c'est défendre la diversité culturelle sans
laquelle il n'y a plus de vie.
Azalaïs
J'ai longuement hésité avant de vous proposer un chant, il y a tellement de groupes différents,mais cet air est notre chant de
résistance. Certains le font remonter à l'époque Cathare et il a été le chant de ralliement de toutes les luttes, de toutes les révoltes. Il s'appelle "Lo boièr" (Le bouvier)
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